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Le mot d’un bénévole

Leonardo

[vc_row][vc_column][vc_text_separator title= »Par Paul Davies »][vc_column_text]J’aimerais vous partager mes impressions sur ma récente expérience de bénévolat à Bonnevaux, une expérience unique et enrichissante à bien des égards.

J’y suis allé sans autre attente que trouver un peu de paix et m’investir dans un travail manuel qui ne me demande pas de réfléchir… un projet simple où je laisserai ma marque en partant. Mais j’ai vite compris que ces attentes ne conviennent pas en ce qui concerne la croissance d’un endroit aussi particulier que Bonnevaux. Si vous restez ouvert à apprendre des expériences des autres et de la motion de l’Esprit de Dieu, vous retirez toujours une précieuse leçon sur la croissance d’un tel lieu.

A mon arrivée, j’ai été très chaleureusement accueilli par Andrew (je crois qu’il avait le titre de responsable du site mais il assumait de nombreuses casquettes), sa charmante épouse Delyth et sa belle-fille Gwen. Ils m’ont immédiatement donné le sentiment de faire partie de l’équipe. Les autres bénévoles formaient un groupe éclectique et cosmopolite, fait de personnes tellement différentes, principalement des Français et des Danois. Cela nous a donné des discussions animées pendant les repas, en beaucoup de langues et dialectes. Ajoutez à cela les chants magnifiques en gallois de Delyth.

Mais les temps de méditation étaient d’une nature unique … la sérénité pure.

Mon désir initial de « faire quelque chose de constructif » là-bas n’était pas évident mais lorsque j’ai rencontré une âme sœur en Soren, un grand Viking, une force de la nature, j’ai su qu’ensemble, nous allions laisser notre marque. Donc, le premier jour, nous nous sommes mis en quête d’un « projet ». Nous avons trouvé un pont de bois assez pourri et, à notre avis, plutôt dangereux ; alors nous l’avons démoli en quelques minutes. Satisfaits d’avoir évité le risque que quelqu’un tombe dans la rivière, nous sommes allés plus loin et avons suggéré d’utiliser du bois recyclé pour refaire ce pont, puis nous avons continué à chercher d’autres choses à réparer.

Alors que nous étions à la recherche d’une nouvelle solution miracle, nous avons reçu des « commentaires » de la part de Christophe, l’homme de tous les métiers, omniprésent, qui travaillait là depuis plus de 30 ans. Il n’était pas très content de notre travail sur le pont car il avait l’intention d’emmener sa tondeuse de l’autre côté de la propriété dans les prochains jours… et il n’avait plus de pont pour passer de l’autre côté. Nos compétences en communication faisaient cruellement défaut et, malgré notre bonne volonté, elles ne se sont pas beaucoup améliorées par la suite. Nous coupions les ponts de plus d’une façon.

Vous pourriez penser que Soren et moi avions retenu leçon, mais malheureusement, l’entêtement combiné des Danois et des Gallois se révéla une force inébranlable.

Lorsque vous cherchez quelque chose à démolir ou démanteler dans un endroit aussi vieux que Bonnevaux, les options sont nombreuses. Nous avons décidé de ce que nous pensions être le plus nécessaire : l’entrée du domaine avait une clôture moisie et délabrée qui n’avait pas un air très accueillant… donc il fallait y aller. En 30 minutes, sans exagération, nous avions réaménagé la clôture en mode kit à plat… quand le ‘Duo Dynamique’ a une mission, suit une action avec un ‘D’ majuscule (pour ‘démolition’, au cas où vous vous poseriez la question). Malheureusement, une fois de plus, nos compétences en communication n’ont pas été aussi efficaces que nos massues. Christophe, en venant travailler le lendemain, se demanda ce qui manquait à l’entrée de la propriété. Quand il comprit, son sourire d’habitude toujours présent ne dura pas. Il eut une discussion très animée avec Andrew concernant la nature trop zélée de l’aide aimable que nous fournissions… en deux jours, nous avions détruit deux éléments qui existaient depuis plus de 20 ans, donc, « … pourrait-il avoir l’obligeance de nous retirer nos massues et nos scies … ? ». Je n’ai pas assisté à cette conversation mais je crois que ce fut l’essentiel.

On pourrait penser que les premières impressions de mes compétences en rénovation ont laissé à désirer… Je suis certain que Christophe a exprimé cela un peu plus vigoureusement.

Heureusement, nous avons été sauvés par Andrew : ses compétences diplomatiques en reconstruction de ponts sont dignes de prendre place lors des prochains pourparlers de Camp David. Christophe a bientôt retrouvé son  sourire et son charme et il nous était « doucement suggéré » de communiquer avec les autres avant de réduire quoi que ce soit en poussière. Un jour, vous êtes un Viking, vous vous battez contre des structures rebelles, puis un autre jour vous  êtes un Schtroumpf rougissant devant votre folie trop enthousiaste.

Mais j’ai aussi appris que construire des ponts était une compétence commune à d’autres de notre groupe.

Comme je le disais, il y avait une « ciorba » (soupe roumaine de légumes divers) amicale de nationalités et de personnalités au sein de notre groupe. L’une des personnalités les plus remarquables que j’ai rencontrées était Pascale, une Française pétillante, qui versait un baume sur toutes les eaux qui semblaient devenir troubles. Chaque fois qu’une discussion se perdait dans la traduction en raison des différences culturelles ou des rares conflits de personnalité, elle était immédiatement là avec un sourire rayonnant, un mot d’encouragement ou de la nourriture pour éviter toute escalade. Une merveilleuse constructrice de ponts et une bénédiction pour tous ceux qui l’ont rencontrée.

Une autre bénédiction était Tilde Carlsen, une force tranquille de la nature, dont l’objectif se consacra entièrement à forger un plus grand esprit communautaire… un esprit qui tiendrait dans toutes les allées et venues de bénévoles. C’est un aspect de la vie des bénévoles qui fait la différence entre vivre une expérience vraiment épanouissante ou simplement démolir les choses. Elle a pris sur elle de nous amener tous à croire en l’importance d’être une communauté et pas seulement une collection d’individus réunis pour un moment… et elle a réussi. Au moment de son départ, elle avait rédigé une charte sur les réunions du matin. Cela permettrait à tout le monde d’être impliqué, d’avoir son mot à dire sans « feedback », puis nous amenait à un rythme quotidien méditatif et constructif. C’était une forme de pont d’une nature profondément spirituelle et bienveillante.

Donc, des ponts ont été construits (et certains ont été démolis ) par tous ceux qui ont participé à cette expérience de Bonnevaux, les responsables comme les ouvriers… une expérience vraiment éclairante pour moi, comme je l’ai dit.

Maintenant Soren et moi sommes partis pour créer notre propre entreprise de démolition car nous pensons avoir maîtrisé l’art… alors si vous avez quelque chose à détruire en un rien de temps, vous avez mon contact .

Toutes bénédictions à ceux qui sont investis et participent à la merveilleuse expérience de Bonnevaux.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

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